01/06/2010

Moi Cormier dit Jérotito l'onaniste

Je vous dirai que chaque jour et même parfois plusieurs fois par jour je me mansturpe en solitaire...
Adolescent, je mettais un slip à mon oreiller, je le bourrais de mouchoirs, et je me frottais sur l’oreiller jusqu’à l’éjaculation, imaginant faire l’amour à des mecs doux, tendres, romantiques et caressants...
Maintenant, il m’arrive de prendre mon jean, de le bourrer à la taille d’un traversin et de me frotter à poil sur ce semblant de mec inerte, lui caressant la braguette et lui passant ma langue entre les cuisses.
Je me mansturpe surtout en regardant la vidéo, lorsque des mecs me plaisent à la télé, je les enregistre et je me passe x fois la cassette... beaucoup d’hommes me plaisent, je m’aperçois que ceux qui ont de la personnalité ont un charme subtil non négligeable que je cherche à exploiter et qui me conduit à me mansturper vigoureusement devant eux.

Avez-vous jamais lu la bible de l’onaniste, cette sublime "Dissertation sur les maladies produites par la masturbation" (L’onanisme par le Dr Tissot. Ed. le Sycomore, 1980), publiée par le Dr Tissot en 1768 ? Mais quelle impudicité ! Quel ravage sur les nerfs ! Quels coupables inspirations ! Quel mal répandu jusque dans les esprits animaux ! Je ressortis de sa lecture comme une brute lascive, l’âme obsédée par ces méditations ordurières, irritée par les humeurs âcres de l’épine, et je me jetai sans plus de retenue dans d’odieuses manoeuvres ! Le brave docteur de Lausanne, qui voulait tant nous délivrer des sales voluptés, ne fit, hélas ! je le crains, que plonger des générations entières d’adolescents (car c’est d’eux qu’il se préoccupe surtout) dans des abîmes effroyables de convulsions et de délices.
Je crois d’ailleurs que ce qui l’intéressait le moins en la matière, c’était bien l’onanisme et ses épanchements exquis. L’homme est plus vicieux. Ce qui le fascine, c’est le spectacle langoureux des maladies et des chancres. Le cortège des douleurs, des épuisements, des maigreurs, des lassitudes ; la litanie cruelle des apoplexies, des léthargies, des épilepsies, des tremblements et des paralysies qui dévorent le corps enflammé du jeune homme infâme. Oui, notre cher docteur prendrait presque son consentement au récit affreux des "ardeurs sèches", qui brûlent continuellement en dedans les parties les plus nobles, et à la contemplation immodérée de ces pauvres corps malingres qui s’épuisent jusqu’à l’imbécilité et à la mort. Jugez-en :

"D., horloger, avait été sage, et avait joui d’une bonne santé jusqu’à l’âge de 17 ans ; à cette époque, il se livra à la masturbation, qu’il réitérait tous les jours, souvent jusqu’à trois fois, et l’éjaculation était toujours précédée et accompagnée d’une légère perte de connaissance, et d’un mouvement convulsif dans les muscles extensifs de la tête, qui la retiraient fortement en arrière, pendant que le col se gonflait extraordinairement. Il ne s’était pas écoulé un an qu’il commença à sentir une grande faiblesse après chaque acte ; cet avis ne fut pas suffisant pour le retirer du bourbier ; son âme déjà toute livrée à ces ordures n’était plus capables d’autres idées, et les réitérations de son crime devinrent tous les jours plus fréquentes, jusqu’à ce qu’il se trouva dans un état qui lui fit craindre la mort (...).
Ayant appris son état, je me rendis chez lui ; je trouvai moins un être vivant qu’un cadavre gisant sur la paille, maigre, pâle, sale, répandant une odeur infecte, presque incapable d’aucun mouvement. Il perdait souvent par le nez un sang pâle et aqueux, une bave lui sortait continuellement de la bouche ; attaqué de la diarrhée, il rendait ses excréments dans son lit sans s’en apercevoir ; le flux de semence était continuel ; ses yeux chassieux, troubles, éteints n’avaient plsu la faculté de se mouvoir ; le pouls était extrêmement petit, vite et fréquent ; la respiration très gênée, la maigreur excessive, excepté aux pieds qui commençaient à être oedémateux. Le désordre de l’esprit n’était pas moindre ; sans idées, sans mémoire, incapable de lier deux phrases, sans réflexion, sans inquiétude sur son sort, sans autre sentiment que la douleur qui revenait avec tous les accès au moins tous les trois jours. Être bien au-dessous de la brute, spectacle dont on ne peut pas concevoir l’horreur, l’on avait peine à reconnaître qu’il avait appartenu autrefois à l’espèce humaine (...).
Il mourut au bout de quelques semaines, enjuin 1757, oedémateux par tout le corps."