01/06/2010

Gloire à Wikipédia

Les plus audacieux  comparent wikipedia, vaste dictionnaire des loisirs et curiosités comprenant en annexe de ses millions de titres quelques uns ayant trait au savoir, à l'Encyclopédie de Diderot, qui réalisa la synthèse du savoir de son époque dans le but pédagogique et politique de le mettre à la disposition du public pensant par là réaliser un projet au service de l'émancipation.  Un certain qualifie  Wales de "Diderot contemporain" (sic) et écrit sans ironie aucune la raison qui mériterait à Wales autant d'honneur : " La révolution n'est pas en marche, elle est pratiquement consommée. En moins de dix ans, l'encyclopédie en ligne gratuite Wikipédia a pratiquement anéanti toutes ses concurrentes, dont plusieurs vieilles entreprises multicentenaires. La bonne vieille encyclopédie payée et en papier est morte, et ce n'est pas son fossoyeur qui va pleurer sur son sort." (puisque le dit Wales, Diderot d'aujourd'hui, se réjouit de la fin de la grande encyclopédie qu'il aura réussi à détruire)



L'ultra-libéral et ultra-cuistre Jimmy Wales, fondateur et promoteur de la chose, ne nie pas. Non seulement il ne réfute pas la comparaison avec Diderot (pourquoi être modeste ?) mais il prétend faire tellement mieux que Diderot et que toutes les encyclopédies savantes qui depuis, ont été composées sur le modèle de celle de Diderot & d'Alembert, dont principalement l'emblématique Britannica (en français Universalis) qui ont toujours fait appel à de grandes signatures pour rédiger leurs articles.



En toute modestie, wikipedia dépasse tout ce qui s'est fait de Diderot jusqu'à aujourd'hui en matière d'encyclopédie (ce ne serait pas de la publicité par hasard ?)


Mieux encore , il vante la supériorité de wikipedia au point de se réjouir qu'elle puisse couler et faire disparaître Britannica. (oui, vous avez bien lu : se réjouir qu'elle puisse faire disparaître Britannica).


A coup sûr l'avenir de la diffusion populaire du savoir est assuré, entre les mains de ce nouveau promoteur de la communauté new-age et révisionniste wikipedia.


Lors  d'une récente communication à la Webcom tenue à Montréal (conférence francophone sur le Web) voici ce que déclarait ce recordman de la cuistrerie  :


«Nous avions jadis une encyclopédie plutôt médiocre: petite, désuète et très coûteuse  [il s'agit de Britannica, qualifée de médiocre.]... Nous ne devrions pas nous apitoyer sur la mort de l'encyclopédie Britannica.»

Devrions-nous instaurer d'urgence le prix Attila pour le décerner à cet individu qui se vante des ravages réalisés grâce à lui dans le monde de l'édition et des publications aux fins d'instruction du public ?

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